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Judo: Lucie Decosse, une "tueuse" en or - LeMonde.fr

Judo: Lucie Decosse, une "tueuse" en or

par Sophie Greuil

TOKYO (Reuters) - Toute la journée de vendredi qui l'a menée au titre de championne du monde de judo des -70 kg, Lucie Decosse s'est appliquée à suivre les conseils de son entraîneur l'incitant, à chaque combat, à devenir "la tueuse de la catégorie".

Vice-champion olympique en 2000 devenu entraîneur national, Larbi Benboudaoud n'a eu de cesse à Tokyo de l'encourager sans compter, pour la détendre, avec "quelques sketches dont il a le secret entre les combats", glisse la double championne du monde.

Cinq ans après son titre mondial en -63 kg, Lucie Decosse retrouve, à 29 ans, la plus haute marche du podium mais cette fois dans la catégorie supérieure où elle est arrivée il y a deux ans seulement.

"A la fois, ce nouveau titre fut court et long à attendre", a-t-elle dit à sa descente du podium.

"Après ma finale mondiale ratée en 2007 et ma finale olympique ratée en 2008, il ne me restait plus beaucoup de jokers pour gagner un grand championnat: soit les championnats du monde de 2010 à Tokyo et 2011 à Paris, soit les Jeux de Londres en 2012."

Alors depuis trois mois, "venir gagner à Tokyo était devenu l'objectif prioritaire. Rien d'autre".

"CINQ ANS DE FÊTE À RATTRAPER"

Jeudi, en assistant à la victoire de Teddy Riner en +100 kg, Lucie Decosse entendit des coéquipiers parler du fait que le Français n'avait jamais perdu une demi-finale ou une finale d'un grand championnat.

"Alors, même si je ne peux absolument pas me comparer à lui, cette remarque était juste et possible à transposer dans mon cas. Donc, leçon: ne rien laisser filer quitte à pratiquer un judo moins flamboyant", a-t-elle dit.

Toutefois, lors de son premier combat contre une Chinoise "inconnue descendant des 78 kg" vendredi, "Lulu" a encore failli douter "avant de voir, finalement, après cette première victoire, (ses) forces se décupler".

Un élan suffisant pour s'imposer en finale face à la Hongroise Anett Meszaros.

Réputée pour avoir "un judo masculin mais ayant souvent besoin d'être rassurée et accompagnée", selon Martine Dupond, la responsable des filles, Lucie Decosse manquait effectivement d'agressivité ces derniers temps.

"Comme j'aime le beau judo, comme j'aime faire tomber, j'en oubliais tout simplement d'être agressive", explique-t-elle.

Ce titre lui a redonné un sourire que tout le monde aimerait lui voir porter plus souvent mais ne l'a pas convaincue de s'engager en toutes catégories lundi.

"Quand j'ai vu la Coréenne Kim Na-Yung étaler Stéphanie Possamaï, je me suis alors dit que ce n'était vraiment pas une bonne idée de m'y engager", rigole-t-elle.

Vendredi soir, la double championne du monde, actuellement gardien de la paix, avoue préférer "aller faire la fête, fête dont je me suis privée toute cette année".

"En fait, j'ai cinq ans de vraie fête à rattraper".

Edité par Gilles Trequesser




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